« Un héritage puissant » : Rencontre avec Leslie et Kimberley Pariente, les héritières d’une histoire profonde

« Un héritage puissant » : Rencontre avec Leslie et Kimberley Pariente, les héritières d’une histoire profonde

Leslie Pariente et Kimberley Pariente portent un nom lourd de sens. Leur père, Patrick Pariente, a cofondé Naf Naf, une marque de mode devenue mythique. Aujourd’hui, les deux sœurs écrivent leur propre chapitre dans l’hôtellerie de luxe avec Maisons Pariente. Une rencontre avec deux héritières qui assument leur histoire et regardent vers l’avenir.

Les filles du fondateur de Naf Naf : un héritage puissant transmis par Patrick Pariente

L’histoire commence dans les années 1980. Patrick Pariente et son frère Gérard lancent Naf Naf, qui devient une référence du prêt-à-porter français. La marque est vendue au groupe Vivarte en 2007. La famille se tourne alors vers l’immobilier, puis naturellement vers l’hôtellerie.

« Le fait d’avoir été dans l’immobilier nous a conduits à l’hôtellerie », expliquait Patrick Pariente aux Échos. Cette phrase résume une trajectoire guidée par les opportunités et le goût du travail bien fait. Leslie, diplômée en finance et immobilier, rejoint la foncière familiale. Kimberley, après des années passées à Los Angeles dans la mode, revient en France. Ensemble, elles vont construire Maisons Pariente.

Pour elles, cet héritage puissant est une triple donnée : chance, responsabilité et défi. « On a hérité d’une histoire forte, d’une histoire entrepreneuriale importante. Naturellement, on a envie d’être à la hauteur », confie Kimberley. Une pression positive, qui n’empêche pas la volonté de tracer leur propre route.

Les clés des sœurs Pariente
  • Assumer son héritage

    Leslie et Kimberley ne fuient pas le nom de leur père. Elles s'en servent comme d'une chance et d'un défi.

  • Se compléter

    La cartésienne et la créative unissent leurs forces. La confiance mutuelle est leur socle.

  • Rester indépendant

    Le groupe possède ses hôtels et évite la standardisation. C'est un choix fort face aux grands groupes.

  • Créer des lieux avec une âme

    Chaque adresse, de Paris à Saint-Tropez, raconte une histoire et un style singulier.

  • Grandir sans se presser

    La croissance se fait par opportunités, avec des emplacements très exigeants. L'étranger est la prochaine étape.

Une transmission familiale qui dépasse la simple succession

Chez les Pariente, la transmission ne se limite pas aux actions ou aux murs. Elle passe par les valeurs du travail, de l’exigence et du goût du détail. Leslie le dit sans détour : observer son père à l’œuvre a été une école informelle mais redoutablement efficace.

Cette rencontre entre les générations se joue au quotidien. Patrick Pariente reste présent, mais les deux sœurs dirigent la stratégie du groupe. « On n’a pas nécessairement envie de vivre dans l’ombre d’un héritage. Nous aussi, on a envie de créer notre histoire », insiste Kimberley. Une phrase qui résume leur état d’esprit.

Leur complicité est leur force. « Ma sœur est beaucoup plus cartésienne, beaucoup plus business. Moi, j’ai un côté plus créatif », explique Kimberley. Une complémentarité qui a fait ses preuves. Pour Leslie, la confiance mutuelle est le socle : « Il faut que chacun trouve sa place, apporte sa pierre à l’édifice et qu’il y ait une confiance totale. »

Maisons Pariente : quatre hôtels singuliers et un cinquième en ouverture

Le groupe possède et exploite ses établissements. Cette indépendance financière et opérationnelle est un choix fort dans un secteur dominé par les grands groupes internationaux. La famille privilégie des adresses à taille humaine, chacune avec une identité propre.

Voici les adresses qui composent aujourd’hui Maisons Pariente :

  • 🏨 Le Grand Mazarin à Paris : un écrin au cœur du Marais, façade historique et décoration signée Martin Brudnizki.
  • 🏔️ Le Coucou à Méribel : une station alpine repensée par les architectes de la vallée, ambiance bois et pierre.
  • ☀️ Lou Pinet à Saint-Tropez : une bastide provençale entourée de vignes, l’esprit méditerranéen dans toute sa simplicité.
  • 🍷 Crillon Le Brave en Provence : un village perché, une vue sur le mont Ventoux, une cuisine qui met à l’honneur les produits locaux.
  • 🎿 Le Saint-Roch à Courchevel : l’ouverture est prévue en décembre 2026, ce sera leur cinquième établissement et le deuxième à Courchevel après L’Apogée.

Chaque maison répond à la même philosophie : offrir un luxe chaleureux, dépourvu de protocole. « Nous essayons de créer des lieux qui ont une âme », résume Kimberley. Une approche qui séduit une clientèle en quête d’expériences authentiques.

Une stratégie d’expansion maîtrisée, entre art et hospitalité

Grandir oui, mais sans se standardiser. Leslie est claire : « La prochaine étape, ce sera l’étranger. Mais toujours en restant très exigeantes sur les emplacements. » La croissance se fera par opportunités, comme pour les débuts du groupe.

L’art occupe une place centrale dans cette aventure. Leur mère, collectionneuse et passionnée d’histoire de l’art, a transmis cet amour à ses filles. Elles passent des mois à chiné des meubles et des œuvres pour chacune de leurs adresses. « Cela fait deux ans qu’on parcourt les Puces et qu’on chine partout où l’on voyage », raconte Leslie en riant.

Cette passion s’est concrétisée avec le Prix Maison Pariente, destiné aux jeunes artistes émergents. Résidence, exposition, accompagnement médiatique : le dispositif donne un vrai coup de projecteur. « Beaucoup ont du mal à vivre de leur art. On avait envie de leur donner de la visibilité », explique Kimberley.

Les valeurs qui portent les héritières Pariente au quotidien

Dans leur vision de l’hospitalité, l’humain prime. La dimension familiale se ressent autant auprès des clients que des équipes. Leslie n’oublie pas les premières recrues du groupe : « Je voulais travailler pour une famille. Je voulais travailler dans une maison. » Cette culture a un effet concret sur la fidélité des collaborateurs.

Leur idée du luxe tient en une phrase, prononcée par Leslie : « Accueillir les gens comme on les accueillerait s’ils venaient chez nous en vacances. » Tout est dit. Le service sans servilité, l’attention portée aux détails, la sensation d’être invité plus que client.

Cette attitude produit une transmission inversée : les clients deviennent des ambassadeurs, les équipes deviennent des porteurs de sens. Le mot « héritage » prend alors une dimension vivante, qui se réinvente à chaque saison.

Un héritage puissant, une histoire qui continue

Leslie Pariente et Kimberley Pariente ne se contentent pas de prolonger une saga familiale. Elles la transforment. L’hôtellerie est devenue leur terrain d’expression, avec une exigence : garder le contrôle sur la direction artistique et les talents qu’elles s’associent.

« Il faut continuer à rester entourés de gens qui nous font rêver », lance Kimberley. Une devise qui évite la routine et l’uniformité. Alors que le Saint-Roch ouvrira ses portes à Courchevel en décembre 2026, l’aventure Maisons Pariente n’a pas fini de faire parler d’elle.

Ce qui frappe dans cette histoire, c’est la cohérence. Une famille, des valeurs, un sens du lieu et une volonté farouche de ne pas se renier. Les deux sœurs ont transformé un nom en une signature. Et le plus beau reste à venir.

Ce que cache l'héritage Pariente

Pourquoi des héritières de la mode se lancent dans l'hôtellerie ?

La famille est passée par l'immobilier après la vente de Naf Naf. L'hôtellerie est venue naturellement, portée par l'envie de créer des lieux avec une âme.

La famille possède-t-elle encore Naf Naf ?

Naf Naf a été vendue au groupe Vivarte en 2007. Aujourd'hui, Leslie et Kimberley concentrent leur énergie sur Maisons Pariente.

Qu'est-ce qui rend Maisons Pariente différent des grands groupes hôteliers ?

Le groupe reste indépendant et travaille sur des adresses à taille humaine. Chaque hôtel a sa propre identité, sans standardisation.

Où se situe le prochain hôtel et quand ouvre-t-il ?

Le Saint-Roch à Courchevel est attendu en décembre 2026. Ce sera le cinquième établissement du groupe, le deuxième dans la station.

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2 commentaires

  1. Merci Benjamin pour cet article. J’espère qu’ils ont des hôtels près des aéroports pour mes escales !

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