Avec trois parcs à thème annoncés en région parisienne, la société saoudienne Qiddiya Investment Company pourrait importer en France la recette développée près de Riyad : attractions spectaculaires, univers immersifs, hôtellerie, restauration et loisirs réunis au sein d’une même destination. L’investissement de 6 milliards d’euros promet 22 000 emplois et 50 000 m² d’espaces verts. Un pari audacieux pour le divertissement à la française.
L’annonce a fait l’effet d’un tremblement de terre dans le secteur des loisirs. Mohammed ben Salmane a signé un accord pour développer trois parcs d’attractions en Île-de-France. Le tout avec des services d’hébergement et de restauration. Ce projet monumental s’inspire directement de Qiddiya, la gigantesque destination de loisirs située à quarante kilomètres de Riyad.
Qiddiya : le laboratoire saoudien des parcs d’attractions nouvelle génération
Pour comprendre ce qui attend la France, il faut observer ce qui se passe en Arabie saoudite. Sur 366 km², Qiddiya ne construit pas un simple parc. Le groupe développe une véritable cité du divertissement capable de retenir ses visiteurs plusieurs jours. Attractions, hôtels, restaurants, spectacles, sport et espaces naturels cohabitent sur un site immense.
Six Flags Qiddiya City constitue la vitrine la plus spectaculaire. Ouvert fin 2025, le parc compte 28 attractions réparties dans six zones thématiques. Sa signature ? Falcon’s Flight, des montagnes russes présentées comme les plus hautes, les plus longues et les plus rapides au monde. Les amateurs de sensations fortes en prendront plein les yeux.
À proximité, Aquarabia déploie son parc aquatique de 250 000 m² ouvert en avril 2026. Ses 22 attractions offrent une bouffée d’air frais bienvenue dans le désert. Mais Qiddiya ne s’arrête pas là. Un circuit automobile de niveau Formule 1, un quartier consacré au gaming et à l’e-sport, des salles de spectacles et des équipements sportifs complètent ce tableau impressionnant.
Le modèle de destination intégrée, clé de l’expérience client
Cette philosophie pourrait bien être transposée en France. Trois univers complémentaires plutôt que trois équipements fonctionnant séparément. Les visiteurs circuleraient entre les parcs grâce à l’hébergement, la restauration et des espaces de loisirs communs. l'expérience client s’en trouverait décuplée, chaque journée pouvant être différente de la précédente.
Dragon Ball pourrait devenir l’une des locomotives de ce projet francilien. Si l’accord avec les ayants droit japonais se finalise, la célèbre saga animée apporterait sa dose de nostalgie et d’adrénaline. Plus qu’une simple exportation de montagnes russes, Qiddiya cherche à transposer un modèle éprouvé d’écosystème complet de divertissement.
Technologies immersives et réalité virtuelle : la nouvelle frontière des parcs d’attractions
Les parcs d’attractions de demain ne se contenteront plus de manèges mécaniques. Les technologies immersives transforment radicalement l’expérience des visiteurs. La réalité virtuelle (RV) et la réalité augmentée (RA) ouvrent des portes impossibles à franchir avec du simple béton.
Disney, Universal et même le Futuroscope explorent ces pistes depuis plusieurs années. En 2026, l’intelligence artificielle joue un rôle central dans cette transformation. Les files d’attente deviennent prédictives grâce à des algorithmes capables d’anticiper les flux de visiteurs par zone et par heure.
Des manèges intelligents et des narrations adaptatives
Les animatroniques ne suivent plus des scénarios figés. Dotées d’IA, elles réagissent aux comportements des visiteurs et adaptent leurs dialogues en temps réel. Chaque passage dans une attraction devient alors une expérience unique. Les narrations s’ajustent au profil des participants, créant des boucles de jeu personnalisées.
Les montagnes russes futuristes intègrent des capteurs connectés. Elles mesurent la fréquence cardiaque des passagers pour moduler la musique, les effets lumineux et même la vitesse de certaines séquences. Cette interactivité pousse le divertissement interactif à un niveau jamais atteint. Le visiteur ne subit plus l’attraction, il la co-construit.
Les innovations spectaculaires ne se limitent pas aux manèges. Les spectacles nocturnes utilisent des drones, des projections vidéo et des jeux de lumière pilotés par IA. Les parcs deviennent des scènes vivantes où la technologie sert l’émotion avant tout.
Expériences hôtelières et hôtellerie thématique : prolonger la magie au-delà des manèges
Le séjour dans un parc d’attractions ne s’arrête plus à la fermeture des portes. Les expériences hôtelières font désormais partie intégrante de la stratégie des grands groupes. Qiddiya l’a bien compris en intégrant hôtels et résidences directement dans sa destination.
L’hôtellerie thématique connaît un essor remarquable. Disneyland Paris a ouvert ses Disney Hotels rénovés avec des univers dédiés. Les chambres thématiques transportent les familles dans des mondes imaginaires dès le réveil. Les restaurants proposent des repas-spectacles où les personnages déambulent entre les tables.
Des nuitées qui prolongent le scénario du parc
Chez Universal, les hôtels Marvel attribuent à chaque étage un super-héros différent. Les couloirs diffusent des ambiances sonores distinctes, les clés de chambre ressemblent à des badges de héros. Cette cohérence narrative renforce l’immersion et donne envie de rester plus longtemps sur place.
Le futur projet Qiddiya en France pourrait pousser cette logique encore plus loin. Imaginez une nuit dans une capsule Dragon Ball, un réveil face aux montagnes russes Falcon’s Flight version miniature. Les espaces de restauration deviendraient des haltes dans des mondes parallèles, avec des menus inspirés des sagas populaires.
Les attractions futuristes et l’hôtellerie de demain partagent un même objectif : créer un univers totalement immersif. Chaque détail compte, de la serviette de bain aux motifs du parc au réveil qui diffuse une musique de film. Cette attention extrême justifie des tarifs plus élevés, les visiteurs acceptant de payer pour prolonger leur voyage.
- 🎢 Falcon’s Flight : montagnes russes les plus hautes, longues et rapides du monde (Six Flags Qiddiya City)
- 🌊 Aquarabia : parc aquatique de 250 000 m² et 22 attractions à Qiddiya City
- 🤖 Animatroniques IA : personnages capables de dialoguer et d’adapter leurs scénarios
- 📱 Files d’attente prédictives : algorithmes guidant les visiteurs vers les zones les moins fréquentées
- 🏨 Chambres thématiques : hébergements entièrement intégrés à l’univers du parc, du sol au plafond
- 🎆 Spectacles en drones : shows nocturnes synchronisés par intelligence artificielle
- 🎮 Zones gaming et e-sport : intégrées à la destination pour retenir les visiteurs plusieurs jours
Ces innovations spectaculaires ne sont pas de simples gadgets. Elles dessinent les contours d’une nouvelle génération de parcs d’attractions, où la technologie immersive et l’hôtellerie thématique transforment radicalement l’expérience client. Le divertissement interactif devient la norme, porté par des investissements massifs et une concurrence internationale féroce.
La région parisienne se prépare à accueillir ce tsunami de nouveautés. Avec ces trois parcs complémentaires, Qiddiya pourrait bien redéfinir les standards mondiaux du secteur. Reste à finaliser les accords et à convaincre les ayants droit de Dragon Ball. L’avenir des parcs d’attractions se joue ici, entre Riyad et Paris. Un tournant majeur pour les amoureux de sensations fortes et de mondes imaginaires.

Benjamin Benoit a passé dix ans comme reporter freelance pour des magazines de voyage avant de fonder Paris Orly, posé au sud du périphérique parisien. Il aime l’aéroport d’Orly pour son tempo direct et ses horizons méditerranéens.